La conservation in et ex-situ

culture ex situ

En 2024, le CBN des Hauts-de-France a établi une stratégie de conservation de la flore sauvage vasculaire. Cette stratégie propose de prioriser les espèces et les populations à maintenir ou restaurer. Elle s’appuie sur des paramètres de vulnérabilité des taxons basée sur les listes rouges (voir la liste rouge des espèces menacées en Hauts-de-France, HAUGUEL & TOUSSAINT, 2019) et sur des paramètres de responsabilité des Hauts-de-France pour ce taxon par rapport à la répartition nationale.

L’établissement de cette stratégie, notamment de la liste des taxons prioritaires à la conservation permet d’orienter les actions du CBN des Hauts-de-France, des institutions et des gestionnaires d’espaces en faveur de ces espèces.

Cela se traduit par des programmes de conservation in situ et ex situ.

La conservation in situ des espèces végétales consiste à les préserver dans leurs milieux de vie. Il s’agit d’assurer une vigilance sur l’ensemble du territoire d’agrément et d’alerter les pouvoirs publics lorsque des menaces sur le patrimoine naturel sont identifiées ou de proposer des mesures de gestion adaptées.

Il s’agit aussi de comprendre et de maîtriser l’évolution des plantes et de leur habitat à l’aide d’un suivi régulier. Suivre les effectifs de populations de plantes permet surtout d’évaluer des programmes de gestion, de renforcement ou de réimplantation d’espèces rares ou menacées.
 

Mais compter n’est pas aussi simple qu’il y paraît...
Premier élément à définir : qu’est-ce que l’on compte
Selon les espèces, l’unité de comptage (ou "individu morphologique") diffère : les pieds pour les plantes annuelles, les tiges (toutes ou uniquement les tiges florifères) pour les plantes vivaces, etc. Pour permettre un suivi cohérent sur une période, il est donc nécessaire de toujours appliquer les mêmes critères d’observation.

Second élément de méthode important : comment on compte ?
Selon la méthode choisie, le niveau de précision de l’inventaire sera variable et l’évaluation du suivi également. Selon ce que l’on souhaite observer, des méthodes différentes s’avèreront davantage pertinentes (suivi par quadrat permanent, utilisation de transect, d’aire de présence, de pointage précis…). Le protocole utilisé lors de chaque observation doit donc être précisé et sauvegardé afin de produire des données comparables, garantes d’un suivi des populations réellement explicite et fiable.

La prise en compte du contexte (l’évolution du site, les autres populations ou espèces environnantes, etc) et de l’habitat s’avère également utile lorsque l’on souhaite engager des actions de gestion afin d’agir sur l’évolution des populations observées.

La conservation ex situ :

Il s’agit de lutter contre la disparition des espèces en conservant au froid des semences fertiles ou en cultivant les plantes au sein d’un jardin conservatoire.

40 000 000 !

C’est le nombre de graines provenant du territoire d’agrément conservées dans la banque de semences du CBN des Hauts-de-France. Près de 22 millions proviennent de récoltes en nature et 18 millions sont issues de multiplication au jardin conservatoire. Ces semences ont été récoltées sur 526 taxons en Hauts-de-France. Ce sont environ 1 800 accessions réparties en 2 900 lots qui sont conservés en réfrigération à 5°C ou en congélation à -20°C.

La banque contient également 7 millions de graines provenant d’autres régions françaises ou d’autres pays. On peut noter la conservation de 145 taxons récoltés dans les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime, inclus dans le territoire d’agrément jusqu’en 2023.

Ces lots peuvent être sources de graines pour des programmes de multiplication et de retour à la nature (renforcement, introduction de populations).

En complément, le CBN des Hauts-de-France dispose d’un jardin (composé de parcelles argileuses, crayeuses ou sableuses) spécifiquement destiné à la culture et la reproduction d’espèces végétales pour lesquelles on ne connaît qu’une faible population en milieu naturel. Des bassins et une serre complètent ces habitats en pleine terre, notamment pour les espèces amphibies. Le jardin conservatoire accueille une centaine d’espèces végétales.